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WHALTHER
Description :
Carnet de route au présent d'un voyageur impénitent. -
Histoires lues, vues et vécues aux quatre coins du cru. -
Reines et belles d'autres contrées rencontrées. -
Faits et gestes indus pour des choses défendues. -
Elucubrations, divagations, déraisons, évasions. -
Création
:
2006-10-26
Mise à
jour :
2008-02-29
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| 0006 De l'eau à la Lobé. |
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Décembre 1991. Chutes de la Lobé, près de Kribi. Sud Cameroun.
C'était un dimanche après-midi et j'avais décidé d'aller voir de plus près les chutes de la Lobé, célèbres par ce phénomène naturel, unique au monde, à l'embouchure d'une rivière se jetant à la mer. Elles étaient situées non loin de Kribi et je m'y étais rendu sans difficultés.
Bien que non bitumée, la route était carrossable et traversait une nature vierge, figée, que ne venait troubler que le véhicule dans lequel j'avais pris place. J'avais été dirigé sur le site par un groupe de personnes, installées dans une paillote, qui sirotaient des boissons locales.
Le paysage était d'une beauté grandiose. De l'eau bouillonnait de partout, faisait de l'écume tout autour des rochers contre lesquels elle venait frapper et s'écoulait dans un tumulte, observé par les touristes présents. Quelques-uns avaient qualifié cet extraordinaire phénomène, chutes à l'embouchure d'une rivière, de huitième merveille du monde...
A l'inverse de ceux qui avaient opté de prendre un bain dans ces eaux, j'avais sauté sur les rochers, et je prenais des photos sous tous les angles. Le crépuscule naissant donnait au paysage des reflets moirés, d'une beauté saisissante. Je m'étais assis et j'avais longuement contemplé ce paysage, en regrettant de n'avoir pas de caméra pour immortaliser cela.
J'avais découvert, à mon arrivée sur les lieux, un peu à l'écart, des tentes et un grand camion. Je m'y étais dirigé, après mon escapade sur les rochers. C'était une dizaine de naturistes néerlandais qui bivouaquaient. J'avais partagé leur souper, et nous avions parlé de nos pays respectifs, de nos expériences, de nos voyages.
J'avais apprécié leur érudition, leur simplicité et leur amour de la nature. |
| Dernière mis à jour :
04/01/2007
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| 0005 Miki de Kribi. |
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Décembre 1991. Kribi. Sud Cameroun.
J'avais entrepris de faire le tour de Bongandoué, le quartier où je logeais. Je suivais un itinéraire bien précis en prenant des notes.
J'étais penché sur mon calepin lorsque, surgie de nulle part, je l'avais vue devant moi. Elle était d'une beauté époustouflante, grande, longiligne, les cheveux tressés en longues nattes, le regard vif et pénétrant. Elle était vêtue d'un chemisier à couture fine et d'une jupe longue, fendue sur les côtés.
Devant ma surprise, elle m'avait souri et dévoilé des dents éblouissantes, séparées par un espace. Sa voix était rauque et bien modulée. Je lui avais tout appris sur mon travail, mon bungalow, ma famille... Et je ne savais encore rien d'elle. Sur mon insistance, elle avait fini par me donner son prénom: Miki.
Des rumeurs circulaient à son sujet. C'était une sorcière, une sirène, une fille de l'océan qui hantait les hommes sur la terre et les rendait fous d'elle. Plusieurs d'entre eux avaient abandonné femmes et enfants pour la suivre et avaient sombré dans une quasi-démence. J'avais été mis en garde et je devais m'éloigner d'elle.
Les "apparitions" de Miki me fascinaient toujours. Je la surprenais à mes côtés lorsque je prenais l'air du large, devant mon bungalow, ou lorsque je rentrais le soir, après m'être restauré. J'aimais les inflexions de sa voix et la profondeur de son regard. Nous nous étions rendus à la plage de Londji où nous avions ramassé, sous l'eau, des coquillages et des plantes marines. Elle m'avait parlé d'elle et de sa famille. Son père était un grand chef. Agée d'une trentaine d'année, elle était allée à l'Université et avait épousé un homme qui la maltraitait. Elle s'était enfuie et réfugiée ici.
Un soir, Miki était arrivée et s'était mise à chanter, d'une voix à la fois lointaine et rapprochée, langoureuse et envoûtante. Une torpeur m'avait envahi et une vision apocalyptique m'était apparue, dans laquelle j'avais vu la désolation de mon épouse et de mes enfants, j'avais vu Miki et moi dans une étreinte et des ébats qui en disaient long sur leurs intentions et leur aboutissement... J'étais finalement sorti de cette torpeur et m'étais retrouvé sur mon lit, exténué, étonné. Rêve ou réalité ? Je ne cessais de m'interroger.
Miki était revenue un soir que je faisais du rangement. Elle était désolée de m'abandonner, mais obligée de me quitter. Je l'avais marquée et elle m'aimait énormément. Elle avait tenu à m'offrir une immense carapace de tortue de mer, haute d'environ 1,20 m, et avait souhaité que je la conserve. |
| Dernière mis à jour :
07/12/2006
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| 0004 Ebaubi à Kribi. |
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Décembre 1991. Kribi. Sud Cameroun. Ville touristique sur l'Océan Atlantique.
J'allais enfin voir cette ville mythique, cette ville magique, dont les photos et les cartes postales étaient placardées dans toutes les agences touristiques de renom.
Tout au long du trajet, je ne me lassais de feuilleter le guide touristique qui parlait de la ville et de toutes les merveilles alentour à découvir. Les images et les adresses qui s'étalaient devant mes yeux n'avaient d'égales que le plaisir anticipé dont je me délectais déjà, heureux de découvir cet endroit de rêve, méconnu de moi, et d'y passer un moment inoubliable.
A mon arrivée en fin de matinée, la ville m'était apparue dans toute sa splendeur et sa simplicité. Les rues étaient propres, les maisons bien alignées, le tout baignant dans un charme discret. Il en était de même de mon logis, un bungalow fait de bois peint et planté sur un tertre, tout près de l'océan. La pente allait jusqu'à l'eau et était recouverte d'une pelouse bien entretenue. Le rivage était constitué de grosses pierres immergées dans une eau peu profonde.
J'avais pris l'habitude, en fin d'après-midi, de m'étaler sur l'herbe, devant mon bungalow, après m'être baigné dans l'eau tiède de la mer. Je passais de longues heures là, à contempler des couchers de soleil d'une beauté inimaginable. Le ciel s'embrasait de mille couleurs, le soleil rougeoyait de mille feux, l'ensemble se réflétant dans l'eau donnait à ce tableau un air féerique. Je m'étirais alors, les yeux mi-clos, respirant à pleins poumons l'air du large, l'esprit à la recherche d'une fusion entre mon être et cette nature sublime.
Le soir, généralement, je me rendais à Bwamanga, un quartier de la ville qui donne sur le port, où je me régalais de poisson rôti à la braise, accompagné de bâtons de manioc. Je retrouvais, à ces moments-là, des natifs de la ville que j'avais pris en amitié et dont j'aimais écouter les histoires rocambolesques.
Un samedi matin, j'avais enfilé un jeans et chaussé des tennis. J'avais projeté marcher le long du rivage et ramasser des coquillages. Le soleil était déjà haut dans le ciel et le paysage d'une splendeur inégalable. Nulle langue n'aurait pu restituer ce qui s'offrait à ma vue. J'en étais demeuré ébaubi.
Je m'étais tellement épris de cette ville qu'au moment de partir, j'avais ressenti un véritable pincement au coeur. Mon bungalow et ma plage de gazon me manqueraient énormément... |
| Dernière mis à jour :
15/02/2007
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